Ghost In The Shell : whitewashing et représentation

La représentation, c’est important. On s’en rend compte dès que la moindre trace de diversité fait son apparition dans les médias, que ce soit dans une vidéo ou dans la dernière campagne d’une marque mondialement connue. On ne peut également qu’en être convaincu lorsqu’un acteur porte le problème jusqu’au Parlement britannique. Malgré tout cela et la prise de conscience réelle qui a lieu un peu partout, on ne peut fermer les yeux alors que le “whitewashing” est encore largement pratiqué.

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Le whitewashing, qu’est-ce que c’est ? On y assiste depuis plusieurs années, sans forcément le réaliser. C’est, si on traduit littéralement, le “laver blanc”, c’est-à-dire mettre dans les médias, notamment dans les films, des acteurs blancs à la place de personnes de couleurs. Cela avait été largement reproché par exemple lors de la sortie du film “Exodus : Gods and Kings”, retraçant l’histoire de Ramsès et Moïse, avec au casting Christian Bale, Aaron Paul ou encore Sigourney Weaver, dans les rôles principaux. Ou encore quand Gérard Depardieu incarne Alexandre Dumas dans un film, alors que l’écrivain était métisse. Plus récemment, Matt Damon en héros de La Grande Muraille, dont l’action se déroulait dans la Chine de la dynastie Song,  avait également soulevé de nombreuses interrogations… On pourrait croire qu’à notre époque, les studios auraient à coeur d’éradiquer ce problème, en prenant enfin au sérieux le public et les acteurs de couleurs. Arriva l’adaptation de Ghost In The Shell.

ghost in the shell

Ghost In the Shell, manga japonais devenu série et ensuite décliné en films d’animation, est une oeuvre reconnue dans l’univers manga et au-delà. Une histoire futuriste, se déroulant dans les années 2030, au Japon, dont le personnage principal se nomme Motoko Kusanagi. Le succès critique et public de cet univers ne pouvait bien évidemment  pas passé inaperçu et Hollywood a décidé d’en faire une adaptation live qui sortira cette année sur nos écrans. Dans le rôle de Motoko Kusanagi, Scarlett Johansson. Problème. Pourquoi ?

Cette vidéo emprunte, certes, quelques raccourcis, mais c’est pour permettre au plus grand nombre de comprendre. Le problème du whitewashing, c’est l’absence, la négation presque violente du droit d’être représenté à l’écran. Que pour un événement tel que l’adaptation de Ghost in the Shell, les studios n’aient pas daigné non seulement prendre en compte l’oeuvre en elle-même en prenant une actrice japonaise, ou d’origine japonaise (ou juste même asiatique), ce qui correspond au personnage (même si beaucoup argumenteront que, de par la nature même du personnage, le choix de Scarlett Johansson ne pose pas de problèmes) ; mais ils montrent également leur mépris des fans, et particulièrement ceux issus de la communauté asiatique. Le message que cela fait passer est très violent, très négatif : vous n’existez pas, une femme blanche est meilleure que vous. C’est, clairement et crûment, le message insidieux que ce genre de comportement fait passer. Et cela nous montre également que le chemin à faire est encore long sur la voie de la représentation…

ghost in the shell

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